| Après
avoir abordé les problèmes du déminage
humanitaire et ceux de la fin de vie, les conférences
du collège ont voulu répondre, ce jeudi 17
mai, au questionnement des jeunes sur l’Amour et le
sida.
Beaucoup
connaissent en effet leur(s) première(s) expériences
amoureuse(s) au cours de l’adolescence. Or cette étape
d’affirmation de soi ne favorise pas toujours le dialogue
avec les parents, voire les confidences.
Face aux échecs et aux difficultés, le jeune
peut donc se retrouver esseulé et fragile dans une
structure scolaire qui ne répond pas forcément
à ses problèmes. A cela s’ajoute la
peur du sida qui fait, semble-t-il à nouveau des
ravages.Pour nous éclairer sur ces sujets, nous avons
eu la chance de pouvoir compter sur deux éminentes
spécialistes, Mme Anne Quintin et Mme Lise Thiry.
Mme
Quintin est psychothérapeute, licenciée
UCL en psychologie, sexologie et sciences de la famille.
Elle est également directrice de l’institut
de formation du Centre d’éducation à
la famille et à l’Amour. Dans une première
étape, elle resitue l’adolescence dans son
contexte de passage, de rupture d’équilibre,
d’opposition nécessaire qui prépare
le départ du foyer familial. Le jeune expérimente
aussi parallèlement sa séduction, sa capacité
à aimer et être aimé, ce qui ne favorise
pas toujours sa stabilité. Beaucoup de parents sont
angoissés face à cette situation qu’il
ont pourtant vécue eux-mêmes et doutent des
capacités du "grand enfant" de s’en
sortir indemne. Ils culpabilisent aussi de ne pouvoir engager
un dialogue avec lui car, bien souvent, il s’enferme
dans le silence ou trouve d’autres adultes accueillant
ses confidences.
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Mme
Lise Thiry, scientifique de renommée
internationale, a enseigné à l’ULB
et a fondé le laboratoire de virologie de l’Institut
Pasteur. A la suite de Mme Quintin, elle constate que
l’adolescent est informé sur les dangers
du sida, sur la nécessité du préservatif
dans les relations sexuelles. Par contre, il se croit
souvent invulnérable et il ne se sent pas concerné,
puisque "cela n’arrive qu’aux autres".
Elle montre ensuite les modes de propagation du virus
et les dernières recherches en la matière.
Les traitements actuels freinent ou arrêtent l’évolution
du virus mais en l’état actuel des avancées
thérapeutiques, personne ne guérit du
sida. Elle regrette que les adultes focalisent souvent
le discours "relations amoureuses" sur le
condom, mais il s’agit malheureusement à
l’heure actuelle du seul moyen préventif
dont on dispose, l’abstinence exceptée…
Après
un débat qui permit à nos deux spécialistes
de préciser notamment les valeurs rencontrées
dans les relations amoureuses, la plupart ont continué
la conversation autour d’une "Leffe"
ou d’une "Jean de Nivelles", adjuvants
puissants pour la communication…
Grâce à la qualité des interventions,
cette soirée terminait en beauté le cycle
de conférences de cette année scolaire
2000-2001. Nous voulons croire qu’elles ont permis
à beaucoup d’élargir leur intelligence
et leur coeur dans la tolérance et l’écoute
de l’autre.
Jean
Warnon
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