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L'exrême
droite: Qui? Quoi? Pourquoi?
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Manuel
Abramowicz
Spécialiste de l’extrême droite
Président de l’ASBL’RésistanceS
»
Membre du Conseil Scientifique du Centre de Recherches
et d’Etudes Politiques.
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La tentation de l’extrême-droite.
Le 11 mai dernier, à
Anvers, une nounou malienne et la petite fille blanche qu’elle
gardait sont abattues par un jeune skinhead de 18 ans. Le meurtrier
avait, auparavant, tiré sur une femme d’origine turque.
Il voulait « tuer un maximum d’étrangers ».
Beaucoup ont accusé alors le Vlaams Belang, qui collecte
des résultats impressionnants dans la province, d’avoir
encouragé, sinon ce type d’actions, au moins la haine
de l’étranger.
« Mais, ce sont des
Flamands, n’est-ce pas ? Et ce n’est pas chez nous
que cela risquerait d’arriver .» En argumentant de
la sorte, nous ne nous rendons même pas compte que nous
devenons racistes nous-mêmes et nous nous évitons
de réfléchir sur les fondements du phénomène…
En effet, ne faut-il pas admettre
que la peur de l’autre - surtout de celui qui est différent
-, que l’intolérance et le racisme font partie profondément
de notre nature animale et que leurs contraires sont le fruit
d’un effort d’humanisation ?
Les Allemands des années 30 étaient de même
culture que nous et voyez ce qui leur est arrivé…
L’intolérance et le sectarisme, c’est ce que
Camus appelle « la peste » : « Le bacille de
la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, il peut rester
pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles
et le linge, il attend patiemment dans les chambres, les caves,
les malles, les mouchoirs et les paperasses, et, peut-être,
le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement
des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait
mourir dans une cité heureuse. »
Pour nous aider à mieux
cerner cette problématique si fondamentale, nous avons
la chance de pouvoir compter sur Monsieur Manuel ABRAMOWICZ.
| Synthèse
de la conférence sur l’extrême droite donnée
au collège le 20 février 2007. |
Qui
sont les extrémistes de droite ?
Un parti d’extrême
droite n’est pas un parti comme les autres. Il diffère
des partis dits « traditionnels » parce qu’il
ne tend pas vers un système démocratique. Dès
lors, ses membres sont des dictateurs en puissance. Ils sont aussi
racistes de par les propos qu’ils tiennent envers une large
partie de la population. Il est aussi important de signaler qu’ils
manipulent les électeurs dans la mesure où ils adaptent
leur discours en fonction du public cible. Enfin, l’extrême
droite s’inscrit dans le courant ultra-libéral alors
qu’elle trouve ses origines dans la classe ouvrière
du 20ème siècle.
Que veut un parti d’extrême
droite ?
Il existe trois axes fondamentaux
qui articulent un parti d’extrême droite :
• attiser les peurs des gens en donnant à entendre
à chaque type de population ce qu’il veut entendre.
• endoctriner avec un discours de haine et d’exclusion
en insufflant la peur de celui qui est différent et en
amenant ainsi à le rejeter de la société.
• supprimer la liberté (presse, syndicats, censure…)
ce qui rejoint ce concept de dictature abordé plus haut.
Comment un parti d’extrême
droite croît-il ?
Tout d’abord en se
présentant comme un parti dynamique et moderne. On constate
que l’extrême droite s’est adaptée à
son temps en se revendiquant d’abord du nationalisme (après
1945), puis en s’appuyant sur l’insécurité
économique et sociale pour accroître ses scores aux
élections (depuis 2000).
Ensuite, l’extrême droite se veut un parti rassembleur
où « tout le monde y gagne ». Pour cela, elle
opère un gros travail sur l’affectif des gens («
nous vous comprenons, nous sommes solidaires »). C’est
ainsi que le public cible de l’extrême droite est
très diversifié (ouvriers, bourgeois, autochtones,
allochtones, juifs, musulmans…). Cette hétérogénéité
n’est-elle pas surprenante quand on sait qu’un tel
parti est raciste ?
De plus, une banalisation du parti leur est favorable. C’est
le cas surtout au nord du pays, où le Vlaams Belang est
présenté comme un parti « normal ».
Pour cela, l’extrême droite utilise un discours politiquement
correct, surfant sur la loi pour ne jamais tomber dans le panneau
du racisme pur et dur. Ils se montrent racistes et intolérants
sans pour autant l’affirmer explicitement.
L’extrême droite use également des stéréotypes
afin de diffuser un message clair pour chacun, mais qui, pris
dans son ensemble, manque totalement de cohérence. C’est
ainsi que lorsqu’elle s’adresse à un bourgeois,
elle accuse l’ouvrier et inversement.
Un point important pour un parti d’extrême droite
est de se montrer présent, au plus proche du citoyen. On
constate que de nombreux ateliers (d’écriture, de
discussion, d’échange…) sont organisés,
que de nombreux tracts sont distribués en permanence à
l’ensemble de la population. Cela étant, cette présence
n’est en rien un gage de solutions aux divers problèmes
de notre société.
Quelles sont les solutions
?
Trois grandes pistes ont
été évoquées lors de la conférence
:
• ne pas interdire l’extrême droite mais plutôt
démonter son programme en mettant en valeur les solutions
proposées par les partis politiques démocratiques,
et signaler les contrariétés et les incohérences
qui parsèment le programme d’un parti d’extrême
droite.
• améliorer les conditions socio-économiques
du pays puisque c’est l’eau du moulin d’un parti
d’extrême droite. A nous de faire le bon choix en
juin !
• s’engager personnellement ; il faut réagir,
s’impliquer, s’investir ou du moins s’intéresser
parce que la passivité est le meilleur moyen de revivre
le chaos des élections présidentielles de 2002 en
France, l’horreur des années ’40 en Allemagne
et en Italie. Quand on sait que le Vlaams Belang investit jusqu’à
10 fois plus de moyens que les autres partis, on réalise
combien il est important d’être acteur de sa politique
!!
Esteban Debrulle, 17
ans.
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