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Serons-nous
capables en ce début de nouveau millénaire
d’accompagner les êtres en fin de vie, d’entendre
leur sagesse dans une relation d’accueil total et
de partage ? C’est notre propre regard hébété
qu’ils nous renvoient au premier abord. Tôt
ou tard, nous sommes confrontés à la mort
d’un proche et à son accompagnement de fin
de vie. S’imposent alors des choix qui nous font réfléchir
à la manière dont, nous aussi, nous voudrions
être traités, dans les mêmes circonstances.
C’est
ce thème que les organisateurs des Conférences
du Collège proposaient ce jeudi 15 février.
Ils l’avaient intitulé "Pour mieux vivre
sa mort", sujet difficile et controversé, fonction
des options philosophiques ou religieuses de chacun. La
presse s’est d’ailleurs fait, ces derniers temps,
l’écho de débats passionnés sur
l’euthanasie et les soins palliatifs. Afin de représenter
différentes sensibilités, étaient invités
3 intervenants :
- Jacqueline
Herremans, avocate au cabinet Lallemand et Legros,
présidente de l’Association pour le Droit de
Mourir dans la Dignité ;
- Marie
Frings, médecin et responsable d’une
unité résidentielle de Soins Palliatifs ;
- Paul
Galand, député bruxellois et sénateur
de communauté.
 
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Dans
un premier temps, Jacqueline Herremans démontre que
l’opposition entre euthanasie et soins palliatifs
est non fondée et qu’il s’agit avant
tout de tenir compte des intérêts du malade.Elle
insiste cependant sur la nécessité de légiférer
puisque, dans la situation actuelle, beaucoup d’actes
médicaux pourraient être assimilés à
des assassinats.
Marie Frings,
de son côté, met en évidence la détresse
des soignants (personnel médical, familles…)
dans la recherche active et difficile de ce qui peut aider
le malade et ses proches. Elle souligne les lacunes de
la formation médicale dans ce domaine et balise
les compétences à développer. Mais,
dit-elle, "quand la souffrance est existentielle,
ce n’est pas au médecin de régler
cela".
En tant
que sénateur, Paul Galand se réjouit de
ce type de débat qui fait sauter les tabous et
contribue à la démocratie puisqu’il
s’agit de faire coexister pacifiquement des options
philosophiques différentes sur la manière
d’assurer la fin de vie. Dans ce sens, le premier
volet de la loi discutée actuellement prévoit
la possibilité pour tous d’avoir accès
aux soins palliatifs. Mais il y a des choix politiques
à effectuer en accordant des marges financières
plus importantes à des institutions hospitalières.
Celles-ci ont en effet tendance à réduire
le personnel pour des objectifs de rendement et l’accompagnement
ne peut se réaliser dans le stress et le manque
de temps…
Suite à
ces exposés, les auditeurs d’une salle remplie
et intéressée invitèrent les orateurs
à préciser leurs pensées et les jeunes
se firent particulièrement remarquer par la qualité
de leurs interventions . La relève des "chercheurs
en humanité" est assurée !
Jean
Warnon
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