| Des
problèmes au Collège…
Pendant l’année
scolaire 2000-2001, les organisateurs des conférences
du Collège Sainte-Gertrude n’ont pas eu peur
d’aborder des sujets difficiles et controversés.
"Aimer au temps du sida" posait la problématique
de l’amour à l’âge de l’adolescence,
"Pour mieux vivre sa mort" débattait de
l’euthanasie et des soins palliatifs.
Et la saison 2001-2002 a débuté, ce 25 octobre,
avec une question aussi explosive et susceptible d’entraîner
des réactions: la question israélo-palestienne.
Dans l’esprit des organisateurs, l’objectif
consistait à entendre des points de vue différents
dans le dialogue et la tolérance, ce qui n’exclut
nullement l’affirmation de ses propres valeurs. Dans
cette optique, étaient invités:
Monsieur
Bichara Khader, Belge d’origine palestinienne,
directeur du Centre d’Etude et de Recherche sur le
Monde Arabe Contemporain, docteur en Sciences Politiques,
Economiques et Sociales, UCL, Louvain-la-Neuve et professeur
ordinaire dans cette même faculté, auteur d’une
vingtaine d’ouvrages sur les relations euro-arabes
et euro-méditerranéennes.
Monsieur
Lazard Perez, Ingénieur civil des Constructions,
diplômé de l’Ecole Polytechnique de l’U.L.B.,
Président du Comité de Coordination des Organisations
Juives de Belgique de 1989 à 1993, Président
de la Communauté Sépharade de Bruxelles, Co-Président
du Comité belge pour la sauvegarde d’Auschwitz-Birkenau.
Et
dans le rôle du modérateur, Monsieur
Robert Verdussen, journaliste, spécialiste
des problèmes du Moyen-Orient et de l’Afrique
du Nord.
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C’est
devant une salle comble que Monsieur Verdussen entame
le débat en rappelant, cartes à l’appui,
les étapes qui ont abouti à la situation
actuelle.
Monsieur Perez fait part ensuite de son expérience
personnelle et engagée dans le conflit, puisqu’il
a participé lui-même à la guerre de
1948 à une période où aucun état
arabe ne reconnaissait Israël. Sa préoccupation
fondamentale aujourd’hui reste la sécurité
pour les Israéliens mise à mal par des actes
« terroristes ». Il exprime aussi ses craintes
face à ce que l’on enseigne aux jeunes dans
des écoles fondamentalistes.
Monsieur Khader, quant à lui, souligne les humiliations
et les frustrations dont sont victimes les Palestiniens
dans les territoires occupés illégalement
par Israël depuis la guerre de 1967. Il estime que
la véritable insécurité consiste
dans la possibilité de voir ses biens et son territoire
confisqués à tout moment. Sans approuver
les actes qui font des victimes innocentes, il affirme
le droit à la « résistance »
face à une colonisation israélienne abusive.
Suite à
des questions très pertinentes surtout de jeunes,
les intervenants, qui ne manient pas la langue de bois,
sont invités à préciser leur point
de vue et conviennent de la nécessité de
deux Etats indépendants politiquement. Cela ne
résoudra évidem-ment pas tous les problèmes
puisque, économiquement par exemple, ils restent
interdépendants et sont condamnés à
vivre ensemble.
La soirée
se poursuit de manière informelle autour d’un
verre. Messieurs Khader et Perez, qui étaient restés
assez froids l’un avec l’autre au cours du
débat public se congratulent en souriant.
La parole et le dialogue, première condition de
la paix ?
Jean
Warnon
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