Le Collège Sainte Gertrude de Nivelles

 

La question israélo-palestinienne

 

Bichara KHADER
directeur du Centre d’Etude et de Recherche sur le Monde Arabe Contemporain, docteur en Sciences Politiques, Economiques et Sociales, UCL.
Robert VERDUSSEN
Médiateur, journaliste, spécialiste des problèmes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
Lazard PEREZ
Ingénieur civil, diplômé de l’Ecole Polytechnique de l’U.L.B., Président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique de 1989 à 1993.

Des problèmes au Collège…

Pendant l’année scolaire 2000-2001, les organisateurs des conférences du Collège Sainte-Gertrude n’ont pas eu peur d’aborder des sujets difficiles et controversés. "Aimer au temps du sida" posait la problématique de l’amour à l’âge de l’adolescence, "Pour mieux vivre sa mort" débattait de l’euthanasie et des soins palliatifs.
Et la saison 2001-2002 a débuté, ce 25 octobre, avec une question aussi explosive et susceptible d’entraîner des réactions: la question israélo-palestienne. Dans l’esprit des organisateurs, l’objectif consistait à entendre des points de vue différents dans le dialogue et la tolérance, ce qui n’exclut nullement l’affirmation de ses propres valeurs. Dans cette optique, étaient invités:


Monsieur Bichara Khader, Belge d’origine palestinienne, directeur du Centre d’Etude et de Recherche sur le Monde Arabe Contemporain, docteur en Sciences Politiques, Economiques et Sociales, UCL, Louvain-la-Neuve et professeur ordinaire dans cette même faculté, auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur les relations euro-arabes et euro-méditerranéennes.


Monsieur Lazard Perez, Ingénieur civil des Constructions, diplômé de l’Ecole Polytechnique de l’U.L.B., Président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique de 1989 à 1993, Président de la Communauté Sépharade de Bruxelles, Co-Président du Comité belge pour la sauvegarde d’Auschwitz-Birkenau.


Et dans le rôle du modérateur, Monsieur Robert Verdussen, journaliste, spécialiste des problèmes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

   

C’est devant une salle comble que Monsieur Verdussen entame le débat en rappelant, cartes à l’appui, les étapes qui ont abouti à la situation actuelle.
Monsieur Perez fait part ensuite de son expérience personnelle et engagée dans le conflit, puisqu’il a participé lui-même à la guerre de 1948 à une période où aucun état arabe ne reconnaissait Israël. Sa préoccupation fondamentale aujourd’hui reste la sécurité pour les Israéliens mise à mal par des actes « terroristes ». Il exprime aussi ses craintes face à ce que l’on enseigne aux jeunes dans des écoles fondamentalistes.
Monsieur Khader, quant à lui, souligne les humiliations et les frustrations dont sont victimes les Palestiniens dans les territoires occupés illégalement par Israël depuis la guerre de 1967. Il estime que la véritable insécurité consiste dans la possibilité de voir ses biens et son territoire confisqués à tout moment. Sans approuver les actes qui font des victimes innocentes, il affirme le droit à la « résistance » face à une colonisation israélienne abusive.

Suite à des questions très pertinentes surtout de jeunes, les intervenants, qui ne manient pas la langue de bois, sont invités à préciser leur point de vue et conviennent de la nécessité de deux Etats indépendants politiquement. Cela ne résoudra évidem-ment pas tous les problèmes puisque, économiquement par exemple, ils restent interdépendants et sont condamnés à vivre ensemble.

La soirée se poursuit de manière informelle autour d’un verre. Messieurs Khader et Perez, qui étaient restés assez froids l’un avec l’autre au cours du débat public se congratulent en souriant.
La parole et le dialogue, première condition de la paix ?

Jean Warnon

 

Photos Conférence

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