Le Collège Sainte Gertrude de Nivelles

 

Ambiguïté et défi de la globalisation

 

Philippe de Woot
Professeur émérite à l’UCL
Membre de l’académie Internationale de Management.

 

Aujourd’hui, plus du 1/3 de l’humanité vit dans une extrême pauvreté, la planète n’a jamais été aussi menacée et le monde reste terriblement désorganisé.
Porto Allegre, Bombay deviennent des symboles de la contestation du système économique mondial et de ses dérives.

Pour répondre aux questions complexes posées par les trop rapides changements de la mondialisation, nous avons fait appel, ce jeudi 12 mars, à Monsieur Philippe de Woot, professeur émérite à l'Université catholique de Louvain, membre de l'Académie Internationale de Management, éminent spécialiste des phénomènes de globalisation.

Dans un premier temps, l’orateur développe les avantages de l’économie libérale:


- l’échange des biens et des services qui peut être considéré comme un fait de civilisation et est en tout cas préférable au rapt, au vol ou à la guerre;


- le moins mauvais des systèmes pour produire de la richesse économique et du progrès technique;


- une machine à produire de grands projets et à résoudre des problèmes à l’échelle mondiale.

Par contre, le système génère des effets pervers:


- l’accélération des progrès économiques et scientifiques dépasse nos capacités de nous adapter. Les problèmes éthiques soulevés par les nouvelles technologies sont aujourd’hui légions (pollutions, manipulations génétiques, etc.).

 

- le système est orienté vers les gens solvables. Les recherches aux U.S.A portent plus sur les problèmes d’obésité ou d’impuissance masculine que sur les maladies tropicales pourtant très meurtrières mais pas dans le pays...

- le modèle dominant écrase les régions en voie de développement. L’économie mexicaine est tout à fait déstructurée par les U.S.A. Et G. Bush affirme que le rôle de son gouvernement est essentiellement de soutenir l’industrie de son pays.


- le système marchand envahit le non-marchand : entre autres, privatisation des prisons, des transports publics et surtout des médias où la culture devient celle de l’audimat et du cinéma américain.


Devant ce constat, M. de Woot formule quelques recommandations fondamentales:

- finaliser l’action économique et technique vers le progrès social, culturel, politique…et non uniquement vers l’enrichissement des actionnaires;

- remettre de l’éthique dans l’action économique; se demander quel monde nous voulons construire ensemble sur cette planète qui est devenue un petit village;

- restaurer le politique; nous ne pourrons réguler un système qui nous échappe sans des institutions internationales plus fortes (CE, O.N.U.,etc) .

En reprenant à son compte une citation de Joubert, l’orateur termine en souhaitant aux jeunes de l’auditoire "es têtes où il y a de la lumière, des cœurs qui ont du mouvement et des âmes qui ont du goût".

Grâce à la culture et l’humanisme de Philippe de Woot, l’auditoire, composé en partie d’anciens élèves du professeur tout acquis à sa cause, était passé inconsciemment de considérations bassement matérielles à la philosophie…

Jean Warnon

Vous pouvez trouver un texte complémentaire se rapportant à la conférence de Philippe de Woot à l'adresse suivante:

http://www.fezfestival.org/prg2003/fr/part2003renc/philippe-de-woot.php

 

Photos Conférence

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