Le Collège Sainte Gertrude de Nivelles

 

Devons-nous craindre les O.G.M. ?

 

Jean VANDENHAUTE
Professeur de Génétique Université de Namur.
Jean-François FAUCONNIER
Greenpeace.
Daniel RAHIER
Société Monsanto.

Les sciences attirent de moins en moins les jeunes. Pourtant, il est indéniable que les avancées de la recherche actuelle conditionnent notre mode de vie notamment dans des domaines très sensibles tels que l’alimentation, le corps et la santé. Depuis une vingtaine d’années, les manipulations génétiques alimentent les controverses entre ceux qui s’émerveillent des capacités de l’esprit humain et d’autres qui estiment que l’on met à mal les fragiles équilibres de la vie. Mais, étant donné qu’il fait appel à des notions un peu pointues, le débat reste souvent une affaire de spécialistes.

Fidèles à leur philosophie suivant laquelle nul ne détient la vérité absolue, les organisateurs des conférences du Collège ont donc voulu répondre à une attente du public en invitant des personnalités aux objectifs très différents.

Monsieur Jean Vandenhaute est chercheur et professeur de génétique aux Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur. Dans son exposé introductif, il souligne combien les scientifiques sont fascinés devant la complexité de la vie et de son évolution.

L’homme, dit-il, a toujours tiré parti du foisonnement des formes existantes en choisissant les "meilleures", c’est-à-dire celles qui lui convenaient le mieux tant dans le règne animal que végétal. Dans cette optique, il multipliait les croisements pour obtenir l’animal le plus "viandeux" ou l’épi le plus porteur de graines…

La nouveauté, depuis une vingtaine d’années, vient de la possibilité de couper l’ADN d’un organisme et d’en introduire les gènes dans un autre corps appelé "transgénique".

Deuxième intervenant, Monsieur Daniel Rahier représente le monde de l’industrie et particulièrement la société Monsanto. Il insiste sur les avantages de ces nouvelles technologies qui permettent des plantes herbicides ou résistant aux insectes, des qualités de production meilleures et des rendements nettement plus importants avec moins de pulvérisations nuisibles pour l’environnement. A l’avenir, il prévoit des développements dans les produits cosmétiques, les biocarburants, la production de molécules pharmaceutiques et les aliments diététiques.

En s’appuyant sur un texte de la commission européenne, il prétend que "les recherches en biosécurité effectuées depuis 15 ans n’ont montré aucun nouveau risque pour la santé des personnes ou l’environnement au delà des incertitudes liées à toute culture" (NDLR : même non transgénique) .

Monsieur Jean Fauconnier, porte-parole de Greenpeace, ne partage évidemment pas le même avis. Selon lui, les disséminations des OGM dans l’environnement sont irréversibles, comportent des risques imposés à tous qu’aucune assurance n’est prête à couvrir et ne présentent pas de bénéfice réel pour le consommateur et l’environnement. Elles constituent en outre une menace pour l’agriculture biologique. Il accuse les entreprises de chercher uniquement des profits sous prétexte d’assurer la sécurité alimentaire du XXIe siècle.

Pour lui, les solutions aux problèmes de malnutrition sont avant tout structurelles et locales, mais « l’industrie du génie génétique utilise sa puissance commerciale et son influence politique pour détourner les moyens financiers nécessaires à la mise en oeuvre de solutions durables".

Jean Warnon

 

Photos Conférence



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