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Les
sciences attirent de moins en moins les jeunes. Pourtant,
il est indéniable que les avancées de la recherche
actuelle conditionnent notre mode de vie notamment dans
des domaines très sensibles tels que l’alimentation,
le corps et la santé. Depuis une vingtaine d’années,
les manipulations génétiques alimentent les
controverses entre ceux qui s’émerveillent
des capacités de l’esprit humain et d’autres
qui estiment que l’on met à mal les fragiles
équilibres de la vie. Mais, étant donné
qu’il fait appel à des notions un peu pointues,
le débat reste souvent une affaire de spécialistes.
Fidèles à leur philosophie
suivant laquelle nul ne détient la vérité
absolue, les organisateurs des conférences du Collège
ont donc voulu répondre à une attente du public
en invitant des personnalités aux objectifs très
différents.
Monsieur Jean Vandenhaute
est chercheur et professeur de génétique aux
Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur. Dans
son exposé introductif, il souligne combien les scientifiques
sont fascinés devant la complexité de la vie
et de son évolution.
L’homme, dit-il, a toujours tiré
parti du foisonnement des formes existantes en choisissant
les "meilleures", c’est-à-dire celles
qui lui convenaient le mieux tant dans le règne animal
que végétal. Dans cette optique, il multipliait
les croisements pour obtenir l’animal le plus "viandeux"
ou l’épi le plus porteur de graines…
La nouveauté, depuis une vingtaine
d’années, vient de la possibilité de
couper l’ADN d’un organisme et d’en introduire
les gènes dans un autre corps appelé "transgénique".
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Deuxième
intervenant, Monsieur Daniel Rahier représente
le monde de l’industrie et particulièrement
la société Monsanto. Il insiste sur les avantages
de ces nouvelles technologies qui permettent des plantes
herbicides ou résistant aux insectes, des qualités
de production meilleures et des rendements nettement plus
importants avec moins de pulvérisations nuisibles
pour l’environnement. A l’avenir, il prévoit
des développements dans les produits cosmétiques,
les biocarburants, la production de molécules pharmaceutiques
et les aliments diététiques.
En s’appuyant
sur un texte de la commission européenne, il prétend
que "les recherches en biosécurité effectuées
depuis 15 ans n’ont montré aucun nouveau risque
pour la santé des personnes ou l’environnement
au delà des incertitudes liées à toute
culture" (NDLR : même non transgénique)
.
Monsieur
Jean Fauconnier, porte-parole de Greenpeace,
ne partage évidemment pas le même avis. Selon
lui, les disséminations des OGM dans l’environnement
sont irréversibles, comportent des risques imposés
à tous qu’aucune assurance n’est prête
à couvrir et ne présentent pas de bénéfice
réel pour le consommateur et l’environnement.
Elles constituent en outre une menace pour l’agriculture
biologique. Il accuse les entreprises de chercher uniquement
des profits sous prétexte d’assurer la sécurité
alimentaire du XXIe siècle.
Pour lui,
les solutions aux problèmes de malnutrition sont
avant tout structurelles et locales, mais « l’industrie
du génie génétique utilise sa puissance
commerciale et son influence politique pour détourner
les moyens financiers nécessaires à la mise
en oeuvre de solutions durables".
Jean
Warnon |