Le Collège Sainte Gertrude de Nivelles

 

L'origine de la vie


Francis Leroy
Licencié en sciences zoologique et biologie moléculaire

1 - Comment le biologiste considère-t-il le vivant? Pourquoi est-il si difficile de définir le vivant dans sa globalité comme quelque chose de singulier, de radicalement différent de l'inerte, et en quoi la nature propre au vivant, en particulier son métabolisme capable d'évoluer vers les formes les plus évoluées du comportement et de la conscience, constitue néanmoins une réalité véritablement phénoménale, apparue voici probablement plus de 4 milliards d'années mais prenant peut-être racine aux premiers instants de l'Univers. Pourquoi le métabolisme doit-il être si complexe et pourquoi sa source d'information actuelle, l'ADN, doit-elle avoir nécessairement une structure simple?

2 - Pourquoi la question de l'origine de la vie se ramène, pour le biologiste, à celle de l'origine du métabolisme? Comment ce dernier a-t-il pu apparaître sur notre planète? L'émergence du vivant au sein d'une minuscule enveloppe appelée biosphère et d'apparence insignifiante au regard de l'immensité de l'Univers a-t-elle été un produit du hasard ou, comme certains biochimistes de soupçonne aujourd'hui, ce hasard fût-il en partie contraint de sorte que l'émergence du vivant ait été davantage, au moins tout au départ, le produit d'une nécessité inscrite dans la trame d'un univers luimême en évolution? Au-delà de l'avènement du cerveau pensant, dans quel sens le biochimiste peutil considérer que l'ordre biologique continuera de croître? Pourquoi la science aboutit-t-elle à une impasse en tentant de répondre à cette question? Et pourquoi en est-il de même lorsqu'elle se pose la question de l'origine de l'information biologique et de l'information devant sous-tendre l'existence même de la matière? La science peut-elle refuser l'existence possible d'une réalité précédant le monde physique? La mort marque-t-elle véritablement l'arrêt de l'existence individuelle? Sommesnous seuls dans l'Univers? Pourquoi certains biochimistes pensent que oui?

3 - Quelle leçon pouvons-nous tirer de ces données pour notre comportement individuel?


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Résumé conférence

Ce jeudi 21 avril 2005, le Collège Sainte-Gertrude a eu le grand plaisir d’accueillir le Professeur Francis Leroy pour une conférence intitulée "L’origine de la vie". Cette conférence venait ainsi conclure le cycle de conférences, organisé durant cette année scolaire 2004-2005. Voici le compte rendu de cette conférence proposé par Fanny Friadt, élève de 6eD.

Introduction

On ne peut nier cette évidence: l’Univers existe et il se transforme. Il n’est donc pas une chose, mais un processus se déroulant dans le Temps. La Vie, quant à elle, est elle aussi un processus, de même nature que celui de l’Univers, mais qui en diffère cependant par deux éléments fondamentaux. Ainsi, le processus Vie ne se manifeste que dans des états circonscrits, c’est-à-dire dans des volumes et des espaces enclos dans des membranes et il est basé sur une organisation beaucoup plus complexe de la matière.
Si on considère les choses globalement, on constate que le processus Vie accroît l’ordre des choses, tandis que le processus Univers accroît leur désordre. La cellule libère de petites molécules qui augmentent l’entropie (le désordre) de l’Univers. Ainsi, une augmentation de l’ordre grâce à la Vie ne peut se faire qu’en lien avec une augmentation du désordre dans l’Univers.

Définition de la Vie


La Vie ne peut se caractériser en utilisant les notions de "reproduction" ou de "croissance". Celles-ci représentent en effet des capacités de la Vie, mais elles n’en sont pas caractéristiques. La Vie se caractérise par son maintien. Prenons l’exemple de la cellule : pendant un temps, elle ne dépérit pas, mais elle se maintient en remplaçant ses « pièces défectueuses » au travers d’échanges avec le milieu extérieur. Il n’y a aucune raison pour que ce mécanisme ne se déroule pas jusqu’à l’infini. Mais pourtant, la Vie se dégrade, et ce pour deux raisons : la première réside dans les mutations, les variations aléatoires qui induisent des perturbations, tantôt bénéfiques tantôt maléfiques dans le code génétique des cellules ; la seconde réside dans les privations de ce dont la cellule a besoin (par exemple, une privation d’oxygène). La mort n’est donc pas inscrite dans la nature : elle est accidentelle.

Afin de mieux cerner cette notion de maintien, on peut prendre l’exemple de l’enzyme. Cette molécule a en elle la capacité d’ «accrocher » deux molécules pour qu’une liaison s’établisse entre elles. Sans l’enzyme, ces molécules se seraient peut-être liées, mais de manière tout à fait hasardeuse. Ainsi, l’organisation complexe de l’enzyme peut, grâce à la contrainte exercée sur les atomes, imposer de l’ordre à son environnement. De plus, grâce à la contrainte exercée sur l’énergie, l’enzyme peut remplacer ces constructions moléculaires. L’ordre créé par l’enzyme est donc d’une part un ordre performant (un ordre qui agit, un ordre finalisé, doté d’un projet) et d’autre part un ordre instable, ce qui permet le maintien de la Vie.

L’origine de la Vie

On peut se demander d’où vient l’information que possède l’enzyme. Elle provient des informations contenues dans l’ADN. Ces dernières apparaissent comme des informations lisibles et comme des informations qui peuvent facilement s’auto-reproduire. Un seul brin d’ADN peut donc en former deux autres en tous points pareils. D’un point de vue mécanique, cela apparaît comme idéal, mais comme l’ADN est soumis à l’entropie, il l’est également aux mutations, aux variations aléatoires, et il permet donc à la vie d’évoluer, selon un processus d’adaptations successives. On retrouve là la théorie de Darwin.

Cette complexification de la matière a finalement abouti à une espèce que l’on peut appeler l’observateur, et qui se caractérise par la pensée.

Si l’on réfléchit à l’origine de l’ADN, on se heurte aux impasses que pose la question de l’origine de la vie. L’ADN est formé de nucléotides qui se sont liés entre eux. Ces derniers sont formés d’atomes, qui sont eux-mêmes formés de nucléons, contenant des quarks. Nous pourrions ainsi, de manière théorique, remonter indéfiniment la chaine. Or, chacun des membres de cette chaine contient de l’information. Mais si toute forme de matière est pourvue d’une information minimale, existerait-il quelque chose à l’origine qui serait dépourvu de toute information ? Quelque chose qui aurait été posé dans l’Univers et ne relèverait donc pas d’une transformation de la matière ?

De même, on peut constater une autre impasse dans la réflexion sur l’origine de la vie. En effet, si la complexification progressive de l’ADN a finalement abouti au développement d’êtres vivants et pensants, peut-on affirmer que ce parcours est dû au hasard ? Le hasard déterminerait-il à lui seul l’apparition de la pensée et la naissance de notre civilisation ?

La vie est de même nature que l’univers par Francis Leroy

Ce constat, attesté par toutes les études faites sur la chimie des êtres vivants, implique que traiter de la nature de la Vie, de son évolution et du Sens de cette évolution nécessite d’insérer cette démarche dans le contexte de l’origine et l’évolution de l’Univers lui-même.

Cette même démarche s’inspire directement des observations stupéfiantes révélées par la physique moderne et qui amènent à considérer l’apparition du vivant comme un événement dont nous commençons à reconnaître le caractère phénoménal.

L'émergence du vivant au sein d'une minuscule enveloppe appelée biosphère et d'apparence insignifiante au regard de l'immensité de cet Univers n’a-t-elle été qu’un produit du hasard ou, comme certains biochimistes le soupçonnent aujourd'hui, ce hasard a-t-il subi quelque contrainte, de sorte qu’elle ait finalement été davantage le produit de propriétés inscrites dans la trame de l’Univers au cours de son avènement?

Au-delà de l'acquisition de la pensée réfléchie, dans quel sens peut-on considérer que l'ordre biologique est susceptible de croître encore? Pourquoi la science aboutit-t-elle à une impasse en tentant de répondre à cette question? Et pourquoi en est-il de même lorsqu'elle se pose la question de l'origine de l'information biologique et de l'information devant sous-tendre l'existence même de la matière? La mort marque-t-elle un terme définitif à l’existence individuelle?

Enfin, la science peut-elle refuser à priori l'existence possible d'une réalité précédant le monde physique? Sommes-nous seuls dans l'Univers? Pourquoi, en dépit des probabilités, certains biochimistes pensent que oui?

Cet exposé rend largement compte des grandes questions philosophiques posées à propos de la Vie et de son origine supposée tout en s’appuyant sur une argumentation scientifique rigoureuse.

Durée : environ 1H1/4 (davantage si questions souhaitées en fin d’exposé).

Donnée précédemment dans divers centres culturels, cette conférence ne nécessite guère de connaissances scientifiques préalables.

Francis Leroy
65, Grand Rue 6530 Thuin
Belgique
Tél : 0032 71 59 39 10 (12H – 20H30)
biocosmos.eu@tele2allin.be

 
Site intéressant

http://pro.wanadoo.fr/quatuor/Intro1.htm

Photos Conférence


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