Le Collège Sainte Gertrude de Nivelles

 

La vie sur Terre et Ailleurs

 

François RAULIN
Professeur à l’Université Paris 12
Directeur du Laboratoire
Inter universitaire des Systèmes Atmosphériques.

 

Avec le développement de l’exploration spatiale, nos idées sur l’apparition du vivant sur Terre ont considérablement évolué au cours des dernières décennies...

La recherche de la vie dans l’Univers suscite aujourd’hui un engouement sans précédent. Des chercheurs formés dans les sciences de l’univers et dans les sciences de la vie collaborent dans les missions de la NASA et de l’ESA en vue de détecter un faisceau d’indices suffisants.

Pour faire le point sur les découvertes actuelles et les perspectives prometteuses que laisse entrevoir une nouvelle discipline scientifique : la bioastronomie, nous avons obtenu, ce jeudi 15 mai, le concours d’un conférencier exceptionnel :

François RAULIN, ingénieur de l'École Supérieure de Physique et Chimie Industrielle de la Ville de Paris et docteur d'État ès Sciences Physiques, est Professeur à l'Université Paris XII. Il est directeur du LISA, Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques. Ce laboratoire, qui regroupe 80 personnes, mène des recherches sur l'atmosphère terrestre et les atmosphères extraterrestres.

Les études qu'il mène actuellement concernent principalement la chimie organique extraterrestre, en particulier dans le cas de Titan, en relation avec la mission spatiale CASSINI-HUYGENS, et dans le cas des comètes, en relation avec la mission ROSETTA. Il participe aussi à la collaboration de la France dans les futures missions d'exploration de la planète Mars.

Dans une première partie de son exposé, le conférencier démontre que l’on ne peut dissocier la recherche de la vie dans l’univers d’une recherche encore non clôturée sur les origines de la vie terrestre.

Il retrace l’historique de l’évolution de notre pensée à ce sujet en passant par

Pasteur qui démolit la théorie de la génération spontanée,

Darwin qui émet l’hypothèse de l’évolution des espèces à partir d’un ancêtre commun.

Miller qui, en 1953, tenta de reconstituer en laboratoire les conditions primitives présumées de la vie et qui réussit à recréer ces briques élémentaires du vivant, les acides aminés.

 

La vie serait apparue sur notre planète il y a 4 milliards d’années environ dans des conditions bien précises : un volcanisme intense, un bombardement de matériaux extraterrestres et des éclairs d’orages importants. Cet environnement aurait été propice à la complexification chimique des molécules.

Mais, il y a 20 ans, on s’est rendu compte que l’atmosphère primitive de la terre devait comporter beaucoup plus de gaz carbonique que ce que Miller et Urey avaient imaginé et ceci souleva de nouvelles questions et de nouveaux modèles pour y répondre.

Une première explication viendrait de sources hydrothermales sous-marines, gorgées de molécules carbonées. Ce domaine fait aujourd’hui l’objet de nombreuses études.

Mais les chercheurs tournent de plus en plus leurs yeux vers l’univers qui nous entoure. En effet, notre terre est bombardée d’objets extraterrestres – 20000 tonnes par an en moyenne! - qui contiennent des matières organiques, particulièrement les micrométéorites.

La vie se cache peut-être sous la croûte gelée du satellite jovien Europe, dans l’atmosphère de Titan, satellite de Saturne, à la surface de Mars ou des planètes extrasolaires. La découverte dans l’espace de composés chimiques organiques simples, la présence dans les météorites de molécules dotées de propriétés que l’on pensait jusque-là réservées aux composés du vivant, laissent croire que la chimie du carbone, qui s’est imposée sur terre, s’est aussi amorcée dans l’espace. D’où les explorations passées mais surtout futures que notre conférencier détaille avec verve mais aussi modestie, ce qui est la marque des vrais grands scientifiques.

Savez-vous que la mission " Rosetta " qui a dû être reportée à la suite de l’échec d’Ariane 5 doit mettre 10 ans avant d’atteindre son objectif et qu’il faudra au moins 50 ans pour exploiter ses résultats ?

Il faudra donc transmettre le virus de la recherche à nos petits-enfants. Mais n’est-ce pas le propre de l’homme de vouloir toujours découvrir?

Jean Warnon

 

 

 
Pour suivre les recherches de François Raulin

http://neptune.lisa.univ-paris12.fr/GPCOS/GPCOS.htm

 

Photos Conférence


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